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Vers un autre scandale d’«engrais frelatés » au Mali : Pour imitation de signature, le Président de l’APCAM, Bakary Togola risque gros !

La présence sur le marché d’intrants agricoles obsolètes et particulièrement dangereux menacerait aujourd’hui la campagne agricole 2019-2020. Et un lobby, avec à sa tête un certain Bakary Togola (encore lui ?) serait à la manœuvre pour faire valider la marchandise surannée. Le scandale qui flotte encore dans l’air, selon un confrère de la place, serait su de certaines hautes autorités et porterait sur l’importation de dizaines de millions de tonnes de produits périmés par une dizaine d’opérateurs économiques qui ont pignon sur rue dans la production et l’importation des intrants agricoles, pour une valeur estimée à plus de 20 milliards de FCFA.

Ces intrants, composés de différentes catégories d’engrais, pesticides… ne seraient rien d’autres que des déchets toxiques de l’Occident sur lesquels les importateurs maliens en cause ont sauté pour s’en approprier à vil prix en vue de réaliser des profits excessifs au péril de la vie des populations, ainsi que des intérêts des paysans maliens.

« Le colis suspect une fois atterri au Mali, l’équation qui se posait à eux consistait à réussir à l’homologuer et le faire passer dans le lot des engrais et autres intrants dans les prévisions de la campagne agricole 2019-2020. La stratégie idoine était de faire adhérer des acteurs clé au deal, condition sine qua non de leur paiement par les banques partenaires », note le confrère qui a levé le lièvre.

Et le premier acteur incontournable saisi, selon lui, a été Bakary Togola, « le puissant président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (Apcam) et de la fameuse association des “cotonculteurs” », qui aurait agi au nom d’un groupement d’intérêt économique (GIE) appelé : “GIE-Approvisionnement en intrants et appareils de traitements”. Sacré Bakary Togola, toujours et encore lui !

« La deuxième phase, la plus compliquée cette fois-ci, était d’avoir la caution du PDG de la CDMT, Baba Berthé. Puisque ce dernier est connu pour son inflexibilité sur des principes de gestion  transparente, il a été contourné de la manière la plus malicieuse. Il a été victime d’un vrai faux, à travers l’imitation de sa signature », note-t-il.

Et vous ne devinerez jamais qui a imité la signature du PDG de la CMDT : Bakary Togola !

Tenaillé et poussé jusque dans son dernier retranchement par le PDG de la CMDT, l’inamovible Bakary Togola aurait avoué son forfait en voulant mettre comme bouclier un supposé cousinage à plaisanterie avec ce dernier, arguant que lui “étant Gana (ressortissant du Ganadougou, une zone située dans la région de Sikasso), il est plus intelligent que Baba Berthé, qui n’est qu’un Sénoufo et qui ne sait pas comment s’enrichir et donner la part des décideurs qui ne cherchent pas mieux”.

Comme conséquence, le PDG de la CMDT bloque le sulfureux dossier, menaçant ainsi dangereusement les intérêts des gros manitous, qui espéraient récolter leurs vingtaines de milliards de FCFA de dividendes au bout de la chaîne.

Par ailleurs, le confrère indique : « Depuis plus de trois mois que le scandale “agro-business” a éclaté, Baba Berthé et le Procureur anti-corruption, Mahamadou Bandiougou Diawara (ndlr : désormais muté ailleurs en la faveur de la dernière session du Conseil Supérieur de la Magistrature tenue le mardi dernier) sont dans la ligne mire de ces gros bonnets de l’agro-business malien. Ils sont plus que jamais sur un fauteuil éjectable. Le PDG de la CMDT, qui n’a eu aucun soutien de ceux censés le couvrir, en l’occurrence ses supérieurs hiérarchiques du ministère de l’Agriculture, s’est vu esseulé et même poussé à prendre la porte.

Malgré toutes les manœuvres aux relents de corruption et autres pressions inimaginables, les deux hommes n’ont pas voulu céder d’un iota. Cependant, le seul réconfort moral pour M. Berthé et non des moindres, a été l’appui venant du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, à qui il a eu le réflexe d’aller exposer les faits. Ce dernier lui a donné carte blanche de pousser les enquêtes jusqu’au bout ».

Autant dire, si les enquêtes doivent être poussées jusqu’au bout, que Bakary Togola est cette fois-ci dans de sales draps. En effet, il risque gros, l’imitation de signature étant un délit très grave pouvant conduire son auteur en prison ! Décidément, le Président de l’APCAM ne recule devant rien dès qu’il s’agit de l’argent. Comme dit un adage bien connu, « Si ta cupidité ne t’a pas tué, ce que tu n’es vraiment pas cupide »… Bakary Togola va-t-il perdre ses plumes dans cette affaire ou réussira-t-il à s’en tirer encore comme il a toujours réussi à le faire ?

En attendant, le PDG de la CMDT ne doit pas commettre l’erreur de prendre pour une parole d’évangile les assurances à lui données par le Président IBK, pour qui connait l’issue réservée au scandale de l’ « Engrais frelaté » qui a défrayé la chronique en 2014. Dans ce scandale portant sur plus de 40.000 tonnes de produits périmés, IBK avait fait savoir qu’il serait « intraitable ». A ce jour encore, nul dans ce dossier, y compris Bakary Togola, n’a été inquiété !

Seydou DIALLO

 

 

 

 

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