L'actualités de chez nous

Restitution de biens culturels à l’Afrique : le Mali pourrait demande plus

D’importantes pièces dont les origines maliennes sont sans conteste et qui sont exposées au Musée Jacques Chirac à Paris sont ignorées par le rapport. Il s’agit d’une vingtaine de masque Ciwara, des bijoux en or et autres pierres tombales.

D’après le rapport de l’économiste sénégalais Felwine Sarr et l’historienne française Bénédicte Savoy, six (06) biens culturels du Mali sont concernés, par une éventuelle restitution au pays d’origine. Il s’agit de : un Ciwara bamanan des environs de Bougouni ; un masque et poitrine postiche dogon, une figure végétale de cuaris ; un masque Satimbé (anthropomorphe ; un masque Iminana de Sangha ; un Animal sacré du Kono, boli ou objet rituel bamanan ; et un masque sim dogon. Des objets qui sont presque tous sortis avant 1930. Mais notre pays pourrait réclamer plus, car une vingtaine de masque Ciwara reconnus comme provenant du Mali sont conservés dans le Musée du Quai Branly Jacques Chirac. Ces derniers ont été prêtés et exposés au Musée national du Mali en 2011. Il s’agit d’un type d’objet qui n’est fabriqué ailleurs qu’au Mali. Les bijoux en or des épouses du roi Sékou Ahmadou d’Hamdalaye qui ont été arrachés lors de l’arrivée des colons, sont aussi exposés dans ce même musée parisien. En plus notre pays compte de nombreuses pierres tombales appelées Epitaphe de la région de Gao constituent une mine d’or pour les chercheurs français et européens.

La démarche des autorités maliennes

Le ministère de la Culture du Mali, dès la publication du rapport commandé par le président Macron, a créé une commission chargée d’étudier le dossier, de comparer avec les biens sortis illégalement et de réfléchir à une stratégie pour la demande de nos objets. Il se murmure que notre pays pourrait ainsi demandé plus que ce que nous propose le rapport.

La première étape, qui s’étend de novembre 2018 à novembre 2019, permettra de remettre aux États africains concernés « des inventaires d’œuvres issues de leur territoire, selon les frontières actuelles, et conservées actuellement dans les collections publiques françaises».

Une deuxième, du printemps 2019 à novembre 2022, et qui se découpe en quatre volets distincts, « doit conduire à la mise en ligne en libre accès, ou à la restitution bien ordonnée, d’ici cinq ans, du matériel iconographique, cinématographique et sonore concernant les sociétés africaines». 10 objets de notre pays seront concernés à cette étape, indique notre interlocuteur.

Enfin la troisième et dernière étape commencera à partir de novembre 2022. Pour les auteurs, le processus de restitution ne doit pas être limité dans le temps. Mais précise Dr Malé, ces objets ne sont que des propositions des deux rapporteurs, car la Commission mise en place par le ministère de la Culture donnera son avis sur ces listes.

Le rapport est incomplet selon Bamako

Le rapport ne prend pas en compte les objets archéologiques, au grand dam de notre interlocuteur. Pourtant de nombreux objets issus de pillage ou sortis illicitement constituent des catégories intéressantes.

Aujourd’hui, ces biens, inaliénables, ne peuvent légalement quitter les collections françaises. Les auteurs proposent donc d’amender le code du patrimoine qui protège les collections des musées français. Ils recommandent d’ajouter un nouvel article, en ces termes, au texte existant : « Un accord bilatéral de coopération culturelle conclu entre l’État français et un État africain peut prévoir la restitution de biens culturels, et notamment d’objets des collections de musées, transférés hors de leur territoire d’origine pendant la période coloniale française ».

Pour procéder à ses restitutions sur demande de chaque État africain concerné, le rapport préconise la « création de commissions paritaires entre la France et chacun des États africains désireux de recouvrer leur patrimoine » sous l’égide du ministère de la Culture et du ministère des Affaires Étrangères.

 

Khadidia DOUMBIA

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.