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PRESIDENTIELLE AU MALI: LE COUP DE BLUFF DE TIEBILE DRAME

Dans une conférence de presse organisée le vendredi, 21 juillet 2018, à la Maison de la Presse, le Directeur de campagne de Soumaïla Cissé, Tiébilé Dramé, a déclaré : « Nous n’irons pas aux élections avec un fichier électoral avarié parallèle… ». Si l’existence d’un fichier parallèle et des doublons seraient de nature à fausser les résultats du vote s’ils étaient utilisés frauduleusement, il est très peu probable, même dans ce cas, de voir le candidat de l’URD se retirer de la course à la Présidence de la République pour des raisons plus qu’évidentes. C’est pourquoi la déclaration de Tiébilé Dramé ressemble fort à un coup de bluff qu’à une véritable décision qui impliquerait Soumaïla Cissé.
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Ce dimanche, 29 juillet 2018, Soumaïla Cissé se présentera pour la troisième fois à l’élection du Président de la République, espérant exorciser le démon de la défaite qui le hante depuis quinze années. Cette année pourrait être la der des ders si jamais il échouait dans sa troisième tentative car cinq autres années à poiroter pourrait venir à bout d’une volonté consacrée depuis plus d’une décennie à la conquête du pouvoir suprême. C’est pourquoi la déclaration de Tiébilé Dramé apparaît plus comme un coup de bluff qu’une décision concertée avec son mentor, toute son équipe de campagne et les cadres du parti. Il faut croire que « les révélations » du Président du PARENA sont surtout destinées à alerter l’opinion nationale et internationale sur les risques de dérapages à la suite de ce qui pourrait donner éventuellement lieu à des tentatives de fraude électorale. Sur ce plan, le coup est réussi car le Gouvernement, à travers son Premier responsable, Soumeylou Boubèye Maïga, est personnellement monté au créneau pour tenter de rassurer le camp de Soumaïla Cissé. En effet, le Premier ministre a dû diligemment recevoir Tiébilé Dramé pour dissiper les doutes que ce dernier avait sur le fichier électoral. En proposant à l’opposition politique de déléguer deux personnes pour éventuellement aller enquêter en France, à l’Imprimerie nationale qui a confectionné les cartes d’électeurs biométriques et vérifier en même temps le fichier qui a servi à leur impression, Soumeylou Boubèye Maïga voudrait donner toutes les garanties de fiabilité du fichier électoral et de bonne foi du Gouvernement. C’est la meilleure réponse aux inquiétudes de Tiébilé Dramé qui ne laisse passer aucune occasion pour dénoncer, à tort ou à raison, ce qu’il considère comme des germes de fraude électorale. La menace de ne pas participer au scrutin du 29 juillet 2018 est tout à fait amusante dans la mesure où aucun des 24 candidats ne serait prêt à suivre Soumaïla Cissé dans un hypothétique boycott du scrutin présidentiel. Et le candidat de l’URD sait mieux que quiconque ce qu’il coûterait de patienter cinq années supplémentaires. Il n’est pas exclu que la déclaration de Tiébilé Dramé préfigure un conflit post électoral dans la perspective de fraude en faveur d’IBK ou une mise en danger de la tenue du scrutin.  C’est en tout cas ce que semble comprendre le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga qui a déclaré : « personne ne prendra en otage les élections ». Ainsi, les propos du directeur de campagne de Soumaïla Cissé sont ressentis par SBM comme de la « surenchère ». De ce fait, jusqu’au bout, le camp du Chef de file de l’Opposition est prêt à mettre la pression sur le Gouvernement pour que l’élection présidentielle du 29 juillet 2018 soit la plus propre possible. C’est de bonne guerre. En tout cas, la concertation est toujours de nature à dissiper les inquiétudes si la bonne foi est de mise. Et le Mali a plus que jamais besoin de concertation et d’échanges pour réussir une élection inclusive et apaisée.
Diala Thiény Konaté

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