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Massacre de migrants en Libye : je ne soutiendrai plus la Palestine tant que…

Près de 200.000 migrants, en partance pour l’Europe sont arrivés de façon illégale en Libye. Ces migrants sont originaires de 30 pays du continent africain, notamment l’Afrique au sud du Sahara. Leur objectif n’est autre que de franchir les eaux de la Méditerranée qui séparent l’Afrique de l’Europe. Ces migrants sont victimes de réseaux criminels. Ces derniers, apparemment bien organisés « achètent » et « vendent » les migrants aux yeux du monde, sans qu’aucun Etat africain, ne tape du poing sur la table. Si le monde semble plaider la cause de la Palestine dans son conflit avec Israël, le drame libyen, lui, se poursuit.
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Mercredi 23 mai. Alors que le monde musulman s’apprête à rompre le jeûne, plus d’une centaine de réfugiés et de migrants, détenus par des réseaux de trafiquants à Bani Walid en Libye, tentent de s’échapper d’une prison clandestine. 15 parmi eux, ne rompront pas le jeûne ce jour-là. Ni les suivants du reste. Ils sont brutalement abattus par les trafiquants libyens, qui leur avaient volé la liberté.
Aujourd’hui, le monde continue de tourner rond. Ils ont raconté avoir été prisonniers des trafiquants, qui les ont revendus à plusieurs reprises entre Bani Walid et Nesma. Cette tragédie serait passée inaperçue, si quelques détenus n’avaient pas réussi à s’échapper. Les victimes de ces faits divers sont pour la plupart des adolescents érythréens, éthiopiens et somaliens, qui cherchaient à atteindre l’Europe. Des négro-africains ! Malgré les blessures et le traumatisme qu’ils ont subis, ils s’estiment « chanceux ». Chanceux parce que lors de leur tentative d’évasion, des centaines d’autres ont décidé de ne pas tenter le coup, de s’accommoder du leur sort et de nourrir l’espérance que le monde ne les a pas oubliés.
Folle espérance que celle-là, qui les conduit à penser que le triste sort auquel ils sont abandonnés par leurs Etats respectifs, pourrait changer positivement. Ils sont victimes de non-assistance à personne en danger, par les dirigeants falots qui trônent à la tête des Etats africains. Ces pratiques sont une émanation des politiques européennes, visant à criminaliser les réfugiés et les migrants, et les empêcher à tout prix d’atteindre les côtes européennes.
Ce commerce honteux qui tire sa pérennité des ressorts historico-sociologiques de la culture arabo-musulmane, dans laquelle le noir est inférieur aux autres êtres. Devons-nous rappeler qu’Ibn Khaldoun (1332 Tunis-1406 Le Caire), le plus grand philosophe, historien et sociologue arabo-musulman écrivait ceci au sujet des noirs : « Au sud de ce Nil existe un peuple noir que l’on désigne par le nom de Lemlem. Ce sont des païens qui portent des stigmates sur leurs visages et sur leurs tempes (…) les hommes qui le composent ressemblent plutôt à des animaux sauvages qu’à des êtres raisonnables. (…) ; quelquefois même ils se dévorent les uns les autres: aussi ne méritent-ils pas d’être comptés parmi les hommes ». (Pages 170-171 de « Prolégomènes »)
En même temps que je me prosterne devant la mémoire de nos 15 frères disparus, j’accuse l’ensemble de la Oumma Islamique de ne pas prendre à bras-le-corps, cette question dont l’Afrique noire, majoritairement composée de musulmans, souffre dans sa chair, depuis plus de 14 siècles, si on y inclut celui-ci. J’accuse les Etats africains de complaisance et de complicité dans le massacre de nos frères qui cherchent un ailleurs meilleur. Je les accuse de cautionner cet état de fait, en ne quittant pas l’OCI en guise de protestation, en ne rappelant pas leurs ambassadeurs, enfin, en ne posant pas toute action diplomatique visant à marquer leur désapprobation.
Et depuis que l’organisation terroriste Etat islamique (EI) s’est emparée d’une partie du pays, c’est l’enfer pour les africains noirs qui y vivent. Et bon nombre d’entre eux qui empruntent les bateaux de fortune pour tenter de traverser la Méditerranée au péril de leur vie, le font pour fuir cet enfer. J’accuse dès lors l’Union Européenne (UE) de crime contre l’humanité car c’est sa politique de sous-traitance de la gestion des flux migratoires subsahariens et leur ponce-pilatisme, qui expliquent l’exploitation odieuse des migrants. En résumé, l’UE semble donner un permis de tuer aux libyens et, globalement, à tous ceux qui interviennent dans la surveillance des côtes européennes, comme pour leur dit ceci, « s’ils n’arrivent pas chez nous, faites-en ce que vous voudrez !».
Pour ma part, et jusqu’à ce que cesse cette violence exercée contre les africains de peau noire, je ne soutiendrai plus la Palestine dans le conflit qui l’oppose à l’Etat d’Israël ! Je fermerai les yeux sur les cruautés commises par ce dernier à l’encontre des palestiniens, et ne m’émouvrai plus des sévices qu’ils vivent dans leur corps ! Les indignes tortures et l’apartheid qui les confinent à la lisière de l’humanité ne trouveront plus de chemin jusqu’à mon cœur, et je ne m’en ferai pas l’écho. J’exhorte l’ensemble des africains à faire autant.
M. Coulibaly

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