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Mali : Quand la République s’islamise…

Ils étaient très nombreux les Maliens à s’étonner de l’annonce, par le Gouvernement du Mali, que le mardi, 11 septembre 2018, était « chômé et payé » sur toute l’étendue du territoire national. Cette date, qui consacre désormais l’entrée du nouvel an musulman dans les fêtes légales en République du Mali, enfonce un peu plus notre pays dans la mouvance islamiste. Car le nouvel an a longtemps été réclamé par les milieux islamistes pour être une fête au Mali.

Il faudrait donc s’attendre que cette date soit désormais une fête chaque année au Mali. Certes le Mali est un pays dont on dit -cela reste à vérifier- qu’il est à 90 voire 95% musulman. Cependant, la décision de fêter le nouvel an musulman a dû surprendre plus d’un Malien en ce lundi soir, quand un communiqué du Gouvernement, lu à l’Office de Radio et Télévision du Mali, ORTM, annonçait que la journée du mardi, 11 septembre 2018, premier jour de l’an musulman 1440, était « chômé et payé » sur tout le territoire national. Notre pays, empêtré déjà entre tradition ancestrale, domination occidentale et influences islamistes, n’en finit pas de s’éloigner un peu plus de ses origines que des contrées s’échinent malgré tout à préserver de des influences extérieures.
La décision du Gouvernement malien de fêter le nouvel an musulman, l’an 1440 de l’Hégire, que très peu de Maliens connaissent véritablement, marque un pas de plus dans la domination des islamistes sur la République. Non contents d’effacer toutes traces des fêtes traditionnelles maliennes que seules quelques contrées maliennes maintiennent contre vents et marées, les islamistes maliens, sans doute influencés par le lobby saoudien et qatari, n’en finissent pas d’islamiser notre pays. De quoi fortifier la volonté de certaines forces obscurantistes d’installer chez nous une république islamiste. En tout cas, c’est l’État lui-même qui donne l’occasion à ces illuminés d’un autre temps d’empêtrer notre Maliba dans la mouvance islamiste.
En vérité l’islam au Mali n’est qu’une religion de façade. Les Maliens, dans leur majorité, font encore confiance aux croyances traditionnelles. Nombreux sont nos compatriotes à confier leur destin entre les mains de féticheurs, jeteurs de cauris et autres géomanciens. Les jinaton fleurissent un peu partout. Il suffit de regarder les intersections des routes à Bamako, celles-ci sont jonchées d’œufs cassés de calebasses neuves et de restes de feuilles d’arbres qui ont servi pour des décoctions censées guérir des maladies. Rares sont les personnalités maliennes qui n’ont pas leurs féticheurs qu’elles consultent lors des élections, des nominations à des postes de responsabilités, notamment au Gouvernement et pour gagner rapidement beaucoup d’argent.
Par ailleurs, les 3000 mosquées de Bamako sont désespérément vides en dehors du vendredi ou à l’occasion du Ramadan. Il en est de même partout au Mali. Les plus fervents musulmans chez nous sont, en général, ceux que la vie n’a pas particulièrement comblés. Les nombreuses prières et l’égrènement infini des chapelets n’ont d’autres fins que d’attirer sur soi les faveurs de la vie terrestre. Islamisme, occidentalisme, traditionalisme, voilà le triptyque où louvoient les Maliens et qui ne mène nulle part. À vouloir tout embrasser à la fois, on finit par être des chauves-souris, ni oiseau ni souris. Des personnes perdues sur les chemins construits par autrui.
Administration, éducation, justice, gouvernance, religion, tout nous est venu de l’étranger. Comment peut-on prétendre construire une Nation forte et responsable avec des instruments venus d’ailleurs, conçus par d’autres pour d’autres ? Les érudits sont formels : aucun pays ne peut se construire en s’appuyant sur la langue d’autrui, la religion d’autrui, les enseignements d’autrui. Si on est hypocrite en religion, comme c’est malheureusement le cas chez nous, alors on sera hypocrite en toute chose…
Diala Thiény Konaté

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