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Mali, le cadre de concertation des réformes a du plomb dans l’aile : L’opposition prend ses distances

Dans le cadre des initiatives et stratégies de la part des plus hautes autorités afin de mener à bon port les réformes politiques et institutionnelles en cours dans notre pays, les choses se compliquent pour le ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, Mohamed Ag Erlaf qui n’est plus en odeur de sainteté avec l’opposition républicaine et démocratique qui représente une véritable force dans ce processus.

Faut-il le rappeler, la 2ème  réunion de la session de formation politique du Cadre de Concertation National sur le chronogramme des consultations référendaire et électorales de 2019,  tenue ce jeudi, 7 février 2019,  au Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, donne vraiment à réfléchir sur l’avenir des réformes politiques et institutionnelles, car l’opposition qui constitue un maillon essentiel a tout simplement boudé cette initiative. Il faut retenir que cette 2ème réunion s’est tenue sous la présidence du ministre de tutelle, Mohamed Ag Erlaf et à huis clos. L’absence de l’opposition républicaine et démocratique a si bien joué sur la rencontre, qu’à la fin du huis clos aucun participant n’a voulu s’adresser à la presse qui a pourtant attendu pendant plusieurs heures. A travers un communiqué rendu public, l’organisation présidée par le chef de file de l’opposition républicaine et démocratique, l’honorable Soumaïla Cissé, non moins président de l’Union pour la République et la Démocratie(URD), tape du poing sur la table.  Selon ce communiqué, malgré les observations et les réserves émises par le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie (FSD), plusieurs partis politiques et organisations de la société civile sur la création, sans concertation, d’un “comité d’experts sur la révision de la constitution”, le gouvernement a continué sa fuite en avant et la politique du fait accompli par la mise en place, unilatérale, d’un “cadre national de concertation” chargé de donner des « avis » sur les réformes institutionnelles. Ce communiqué précise que présidé par le très controversé ministre de l’Administration Territoriale, ce “cadre de concertation” constitué sur la base de critères subjectifs pour influencer l’issue des travaux, ne saurait être le lieu ni d’un dialogue politique digne de ce nom ni de débats utiles sur la révision de la constitution.Par conséquent, le FSD rejette le “cadre de concertation” institué par le Premier ministre. Il estime que solennellement un gouvernement ne peut engager la révision de la constitution de 1992 et les réformes indispensables sans un large consensus politique. Un tel consensus ne peut être acquis sans un véritable dialogue politique national sur les crises et les périls qui menacent la Nation.

Le contenu de ce communiqué donne vraiment à réfléchir sur l’avenir de ces réformes politiques et institutionnelles que les plus hautes autorités maliennes tiennent à concrétiser. Comme en 2016, les contestations commencent déjà. Pour une seconde fois, le Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, sera-t-il encore contraintd’abandonner ces réformes ? Cette question mérite d’être posée, au regard de la menace qui plane déjà sur ces initiatives.

Par ailleurs, le ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation,  Mohamed Ag Erlaf promet de tout mettre en œuvre pour faire venir l’opposition autour de la table. Donc, les prochains jours édifieront les uns et les autres sur cette question.

 Abdoulaye TRAORE

 

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