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Mali : Deux nouvelles bonnes à prendre…

Dans la lutte contre le terrorisme et la recherche de la paix au Mali, les bonnes nouvelles sont plutôt rares. La fin de la semaine dernière a, quelque peu, apporté un soulagement à tous ceux qui peinent à voir notre pays sortir d’une crise qu’il traverse depuis 2012, depuis que des fils rebelles se sont alliés à des terroristes pour planter le couteau dans le dos de la Mère-patrie. En effet, l’on a appris la fin de la première phase du programme de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) dans les régions de Tombouctou, Gao et Kidal, et la « neutralisation » du chef terroriste de la Katiba du Macina, Hamadoun Kouffa. S’il y a encore des zones d’ombre qui méritent d’être éclaircies, les Maliens se sont, dans l’ensemble, félicités de ces deux événements qui sont autant de lueur dans la grisaille qui couvre le pays.

Hamadoun Kouffa… serait mort ! La nouvelle a fait le tour des réseaux sociaux depuis que les autorités françaises en ont fait l’annonce dans la journée du vendredi, 23 novembre 2018. L’homme le plus recherché du Mali se cacherait dans la fameuse forêt de Wagadou, réputée être l’antre des terroristes d’où étaient planifiées toutes les attaques contre les forces armées du Mali et les symboles du pouvoir. Nous disons bien « serait mort » car les autorités françaises elles-mêmes ont employé l’expression « probablement ».

Nous sommes dans un monde où l’image est reine. Or aucune photo d’Hamadoun Kouffa ni aucune déclaration du groupe terroriste dont il était le chef ne viennent soutenir la thèse de la mort de celui qui est considéré comme l’ennemi national n°1 du Mali. Certes on évoque le nom d’un certain Hamidou Issa dit Ougouba supposé avoir été désigné comme le successeur du chef terroriste. Cependant la « mort » de Hamadoun Kouffa est loin de convaincre l’opinion nationale.

Qu’à cela ne tienne. Les déclarations des autorités militaires maliennes et françaises sont suffisamment précises pour qu’on puisse s’y fier même si l’annonce de terroristes « neutralisés » a parfois été suivie de la publication de vidéo attestant le contraire. S’il n’y a pas d’image de Hamadoun Kouffa mort, il n’y a pas non plus eu de démenti de la part de la Katiba du Macina encore moins du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) auquel il était affilié. Si l’on sait que l’armée malienne pour frapper au cœur du terrorisme a dû l’infiltrer, il faut croire que les informations, très précises, sur la mort de Hamadoun Kouffa émanent de sources sûres.

Hamadoun Kouffa aurait été tué selon la France

Certes la mort de Hamadoun Kouffa n’est pas la fin du terrorisme au Centre du Mali mais il s’agit d’un sérieux coup porté contre ceux dont le seul programme est de tuer le maximum de personnes innocentes pour faire peur. Une chose est sûre, les chefs terroristes ne sont pas invulnérables. C’est pourquoi les yeux des Maliens sont maintenant tournés vers Iyad Ag Ghali, l’autre tristement célèbre terroriste, dont on dit qu’il bénéficierait de la « protection » des autorités algériennes. En attendant, l’armée malienne doit poursuivre son œuvre de nettoyage du Centre du pays, seule condition pour faire revenir les symboles de l’autorité de l’État et relancer le développement économique et humain de toute la région.

L’autre bonne nouvelle est la fin de la première étape du processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion. Le processus DDR-intégration accéléré concernait environ 2400 ex-combattants issus du Mécanisme opérationnel et de coordination (MOC) de Tombouctou, Gao et Kidal. Cependant, seuls 1334 ex-combattants ont été effectivement enrôlés. Si Tombouctou et Gao ont pu boucler cette première étape avec succès, tel n’est pas le cas à Kidal où des difficultés sont apparues dans le processus. En effet, la ville rebelle a tout simplement été interdite d’accès aux combattants de la Coordination des mouvements de l’entente (CME) et ceux du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA). Les chefs de la CMA responsables de cette restriction restent pour le moment inflexibles devant la médiation de la MINUSMA et de Barkhane. Ce sont 175 combattants qui sont ainsi privés d’accès à Kidal en violation du Pacte de paix signé en octobre 2018 et qui consacre le caractère inclusif du DDR.

Une fois de plus, la CMA apparaît comme l’élément perturbateur qui empêche le processus de la paix et de la réconciliation d’être véritablement engagé et ce malgré la menace du Conseil de Sécurité des Nations Unies de sanctionner toute personne ou tout groupe qui s’opposerait à la marche de la paix au Mali. On se rend compte que la communauté internationale est plus prompte à attaquer le Gouvernement du Mali qu’à sanctionner les responsables de la CMA qui n’ont jamais fait preuve de leur bonne foi dans la mise en œuvre de la paix et de réconciliation au Mali. Les Maliens ne doutent point que cette paix qu’ils recherchent se fera contre vents et marrées. Le processus est enclenché et rien ne pourra l’arrêter.

Diala Thiény Konaté

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