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Le Cadre de Concertation Nationale au Mali est-il déjà en panne ? La jeunesse menace de se faire entendre.

Le Conseil National de la Jeunesse du Mali (CNJ) dirigé par Souleymane Satigui Sidibé est plus que jamais remonté contre la composition du Cadre de Concertation Nationale entre le Gouvernement, les partis politiques et la Société Civile (CCN). La jeunesse n’est pas représentée dans cette organisation. D’où la colère de celle-ci.

Pour que les nouvelles Réformes Politiques et Institutionnelles envisagées dans notre pays soit une réalité, le Cadre de Concertation National entre le Gouvernement, les partis politiques et la Société Civile (CCN) a été créé.  Ce cadre a pour mission de donner des avis et de formuler des propositions au Gouvernement sur les questions qui lui sont soumises. Il est consulté sur : les orientations à donner au Comité d’Experts chargé de la révision de la constitution ; les projets de texte portant création des circonscriptions administratives et des collectivités territoriales ; les projets de lois organiques fixant le nombre des députés et des sénateurs au parlement ; le chronogramme des consultations référendaires, de l’élection des députés à l’Assemblée Nationale, de l’élection des conseillers des collectivités territoriales et de l’élection des sénateurs.

Le CCN est présidé par le ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, Mohamed Ag Erlaf. Il se réunit en deux formations : une formation politique et une formation technique. La formation politique réunit les ministres concernés, les présidents des partis politiques représentés à l’Assemblée Nationale et au niveau des conseils communaux et les chefs de file de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) et de la Plateforme. La formation technique comprend les experts du gouvernement, des partis politiques représentés au niveau des conseils communaux, des organisations de la société civile et des mouvements signataires de l’accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger. La représentation des partis politiques est déterminée, à titre principal, à partir du nombre de leurs conseillers communaux et du nombre de leurs députés à l’Assemblée Nationale. Il est affecté à l’ensemble des partis politiques qui ne remplissent pas ces conditions trois sièges au niveau de la formation technique. Les membres des organisations de la société civile sont désignés par le Forum des Organisations de la Société Civile  et le Conseil National de la Société Civile. Les membres des  mouvements signataires de l’accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger sont désignés par la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) et de la Plateforme. Au titre de l’inclusivité, les autres mouvements sont représentés par trois experts au niveau des sessions de la formation technique.

Dans cette question lancinante, l’accent est surtout  mis sur l’inclusivité pour que toutes les parties se reconnaissent dedans. Dans ce cadre, des faveurs sont même faits aux petits partis qui ne représentent presque rien. Alors que le CNJ est une organisation de jeunesse représentée sur l’ensemble du territoire national. D’où la colère des responsables de cette organisation de la société civile.

Il faut comprendre que c’est surtout  la partie concernant la désignation des représentants de la société civile qui met le feu aux poudres au sein du Conseil National de la Jeunesse du Mali (CNJ). Le bureau exécutif de cette organisation a mis à profit une réunie élargie à toutes les structures de jeunesse du District de Bamako et des différentes régions de notre pays tenue ce week-end à la Maison de la Presse pour faire savoir leur colère sur cet état de fait. Franchement, il faut reconnaitre que ce Cadre dont le rôle et la place ne sont pas à démontrer  est central pour l’aboutissement des réformes politiques et institutionnelles en cours dans notre pays. Ce qui est sûr et certain, cette initiative est fortement secouée de tous les côtés. Si d’un côté, l’opposition républicaine et démocratique a pris ses distances concernant les réunions de ce Cadre de Concertation, de l’autre côté la jeunesse malienne à travers sa structure faitière vient de faire cas de sa colère contre sa composition qui l’exclut purement et simplement. Les responsables du Conseil National de la Jeunesse du Mali (CNJ) estiment que leur mouvement est la plus grande organisation de la société civile du Mali. C’est pourquoi, il est incompréhensible que le CNJ-Mali ne soit pas représenté dans ce Cadre de Concertation. Ils pensent que cela prouve que de plus en plus les plus hautes autorités accordent peu d’importance à la jeunesse qui constitue le fer de lance de toute nation. « Ce qui est sûr et certain, cet acte de mépris des autorités à l’endroit de la jeunesse malienne fera l’objet de démonstrations de force dans les jours à venir », ont précisé certains responsables du CNJ-Mali. La jeunesse menace de se faire entendre dans les jours à venir à travers des actions sur le terrain.

 

Abdoulaye TRAORE

 

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