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Justice : L’ex-Maire de la Commune VI De Bamako, Alou Coulibaly, débouté en appel par la Cour Suprême

La Cour Suprême a vidé le contentieux relatif à la révocation de Alou Coulibaly, l’ex-maire de la Commune VI du District, par le gouvernement. Pour l’une des rares fois dans l’histoire démocratique et de la pratique de la décentralisation dans notre pays, le gouvernement du Mali a révoqué, à l’issue du Conseil des ministres du 02 mai 2018, le Maire Alou Coulibaly de ses fonctions, après une suspension de trois mois, pour fautes graves commises  dans sa gestion des affaires de la collectivité. Des griefs formulés contre lui et qui ont défrayé la chronique à l’époque sont, entre autres, l’inscription du nom d’une illustre inconnue en qualité de conseillère municipale  sur un ordre de mission pour la France ; la délivrance des dispenses de payement des taxes à des personnes qui ne respectent pas les conditions en la matière, faisant perdre à la Mairie des dizaines de millions de CFA ; les passations de marchés hors de la procédure normale…

A l’époque, l’ex-maire et ses partisans ont usé de tous les stratagèmes pour donner un caractère arbitraire à la décision de révocation du gouvernement et démentir les faits à lui reprochés et qui ont entrainé sa suspension, puis sa révocation. Ce qui avait poussé certains conseillers et des membres du bureau communal à sortir de leur silence. Ces derniers ont été jusqu’à affirmer que les raisons avancées par le ministre des Collectivités pour justifier la révocation du maire indélicat n’étaient qu’une partie visible de l’immensité des dégâts causés par Alou Coulibaly durant son court séjour à la Mairie.

« Personne ne peut dire le nombre exact d’exemptions accordées par Alou Coulibaly. Le ministre a avancé le nombre de 234 permis, mais au fil des jours, nous-nous sommes rendus compte que de janvier à décembre 2017, ce sont plus de 3 000 exemptions qu’il a accordées pour plus de 600.000.000 FCFA. Et le chiffre peut être plus grand que tout cela… », avait dénoncé un conseiller. Avant d’affirmer : « A la place de taxes dans nos caisses, nous ne trouvons que des documents d’exemption, et l’argent qu’il percevait de ces permis partait directement dans sa poche ». Durant son séjour à la tête de la Mairie, Alou Coulibaly avait aussi procédé solitairement à des recrutements et à des expropriations forcées, arguant à chaque fois qu’il était interpellé par les conseillers qu’il ne craignait rien !

Non content donc de la décision du gouvernement, le désormais ex-maire indélicat avait saisi les juridictions pour être réhabilité dans ses fonctions de maire. Le jeudi dernier, la Cour Suprême a finalement vidé le contentieux en déboutant le requérant de sa requête, confirmant du coup le bien-fondé de la décision gouvernementale ! L’homme est cependant bien loin d’être tiré d’affaire, car cette décision de la Cour Suprême n’éteint en rien les trous financiers qu’il laisse derrière lui. En effet, il est reproché à l’ex-maire, la dilapidation de plusieurs dizaines de millions de FCFA, des centaines pour certains, mais de sources concordantes, la Mairie lui réclamerait aujourd’hui 42 millions de FCFA.

Le bureau communal aurait même déjà saisi le Gouvernorat du District aux fins de mettre en demeure Alou Coulibaly de payer les 42 millions de FCFA en question. Qu’est-ce qui fait retarder ce processus au niveau du Gouvernorat ? La question reste posée…

Seydou Diallo

 

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