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Grève des enseignants au Mali : Le paradoxe du gouvernement

S’il est de tradition, depuis quelques années au Mali, qu’une crise en appelle une autre, la plus inquiétante qui devrait retenir toute l’attention des plus hautes autorités est sans conteste la grève sans fin dans l’espace scolaire de notre pays ! Malheureusement, on a comme l’impression que l’éducation des enfants maliens est le dernier souci de nos gouvernants. Et pour cause, cinq (5) mois après la rentrée officielle des classes, les enfants des écoles publiques n’ont pu, si on veut le comptabiliser, étudier que deux mois tout au plus, à cause des grèves répétitives des enseignants.

Troisième grève depuis le début de l’année scolaire 2018-2019, l’arrêt de travail qui a débuté le 13 février dernier et qui continue jusqu’au 01 mars 2019 paralyse presque tous les établissements scolaires publics du pays, dans l’indifférence des autorités maliennes. Au centre du problème, des revendications que nous estimons légitimes des enseignants. En effet, sur dix points de revendications, comme cela a été expliqué par le Secrétaire général du Ministère de l’Éducation, six ont fait l’objet d’accord avec le gouvernement. Un accord partiel a été trouvé et trois points font objet de désaccords. Les syndicats signataires de l’accord du 15 octobre 2016 n’en disent pas moins, mais pour eux, mêmes les points d’accord restent encore à formaliser.

« Conformément à la mission que le Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta, a confiée au Gouvernement, de Transformer le Mali, j’ai annoncé à mes interlocuteurs la volonté du Gouvernement, avec leur soutien et leur aide, d’investir dans les prochaines années, un peu plus de 10 000 milliards de francs CFA dont 5500 milliards dans un ambitieux programme de développement des infrastructures qui comprendra trois axes majeurs:
1. faire de Sikasso, une zone économique spéciale avec de nouvelles routes qui la relieront notamment à Mopti pour assurer l’évacuation du cheptel, et à Ségou pour l’acheminement des produits agricoles frais ou transformés de l’office du Niger,
2. Un projet de désenclavement qui permettra la construction et le bitumage de nombreuses routes dont celle de 1075 kilomètres qui reliera Tombouctou à la Mauritanie en passant par Taoudéni et la réhabilitation et le renforcement des routes telles que celle reliant Bamako à la frontière avec le Sénégal en passant par Kolokani et Kayes (710 kilomètres),
3. Un programme d’amélioration de la mobilité urbaine qui comprendra notamment la construction d’un 4e pont à Bamako, et d’un viaduc sur le fleuve Niger à Tombouctou.

Cet ambitieux programme démontre notre intérêt vis à vis du secteur privé, qui doit avoir un rôle prépondérant dans la création de la richesse. C’est dans cette optique que le Gouvernement a notamment pris un décret sur la commande publique afin qu’une partie significative de cette commande soit adressée à la production nationale ».

Une très bonne initiative de la part du gouvernement, convenons-en ! Mais qu’adviendra-t-il de toutes ces infrastructures, de toutes ces richesses, si en amont nous ne prenions aucune disposition pour la toute première richesse de tout pays, à savoir le capital humain ? Comme disait « Madiba », Nelson Mandela s’entend, tout développement passe par l’éducation ! Alors, de quel développement parle-t-on encore dans ce pays quand 80% des enfants maliens sont privés d’école à cause de la grève des enseignants ? A méditer !

A. Diallo

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