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Grève des Enseignants au Mali : La fin du calvaire des élèves ?

Une trêve de six mois presque acquise, grâce à la médiation AMSUNEEM/AEEM. Une opération commando, fondée sur le dialogue social, pour sauver l’année scolaire et académique 2018-2019 et, partant, l’école malienne, confrontée à des grèves à répétition depuis octobre 2018. Tel est l’objectif que se sont fixés l’AMSUNEEM et l’AEEM : deux associations issues du mouvement estudiantin, et qui décident d’une  synergie d’actions en faveur de l’école. Ainsi, les deux mouvements issus de l’école viennent d’obtenir des enseignants grévistes, une trêve de six mois. Cette trêve est bien possible et presque acquise. Seulement les grévistes ont demandé à la médiation 72 h de réflexion pour s’accorder sur les modalités de cette nouvelle trêve. « Si la trêve est acceptée’’, explique le secrétaire général de l’Amicale des Anciens de l’Union Nationale des Élèves et Étudiants du Mali (AMSUNEEM), Patrice DEMBELE, ‘’cela permettra aux deux parties de travailler en toute quiétude pour sauver l’école ».

Le mardi 5 mars 2019, les médiateurs Seydou Patrice DEMBELE, secrétaire général de l’AMSUNEEM et Moussa NIANGALY, secrétaire général de l’AEEM, accompagnés des membres de leurs bureaux respectifs ont été reçus par le ministre de l’Éducation Nationale, Pr. Abinou TEME, à qui ils ont fait le compte rendu des démarches initiées et les résultats obtenus.

La délégation conjointe de l’Amicale des Anciens de l’Union Nationale des Élèves et Étudiants du Mali (AMSUNEEM) et de l’Association des Élèves et Étudiants du Mali (AEEM) a fait au ministre TEME le point sur la gestion de la crise actuelle qui paralyse l’environnement scolaire. Histoire, dit-il, d’exorciser le mal de l’école pour qu’elle puisse retrouver la quiétude d’antan, pour le bien des enfants du pays.

Dès lors qu’il s’agit d’évoquer la cause de l’école, le ministre TEME est décidé à prendre l’initiative en direction des partenaires sociaux pour obtenir leur implication dans le règlement de la crise.

L’Amsuneem et l’Aeem chez le ministre TEME

Le 4 mars 2019, il était de nouveau sur la brèche pour partager cette philosophie de dialogue social qui l’anime. Le ministre de l’Éducation a rencontré une délégation conjointe : AMSUNEEM-AEEM, conduite par les leaders des deux organisations respectives, en compagnie de plusieurs membres des deux mouvements.

« Notre sacerdoce, c’est l’école malienne », a déclaré le secrétaire général de l’MSUNEEM, à l’entame de ses propos introductifs, convaincu qu’il est qu’avec un homme de conviction à la tête de ce département sensible, en la personne du camarade TEME.« On ne peut pas ne pas avoir la victoire à l’école ». L’homme, pour qui le port du bonnet Cabral (en souvenir à ce leader estudiantin assassiné dans les années de braise), signifie probité, vérité et courage (il en avait pour en faire cadeau au ministre), est très explicite sur la mission : sauver l’année scolaire.

Voilà pourquoi l’AMSUNEEM, l’aînée, et l’AEEM, la cadette, toutes deux associations issues du mouvement estudiantin, ont entrepris une synergie d’actions en faveur de l’école. Dans ce sens, le secrétaire général de l’AMSUNEEM a déclaré qu’il a été proposé aux enseignants grévistes une trêve de six mois de suspension de la grève. Le temps, selon lui, de permettre au gouvernement de peaufiner sa stratégie pour une meilleure appréhension des problèmes soulevés.

 72 heures pour réfléchir sur la trêve

A la faveur de cette requête, le patron de l’AMSUNEEM dira que les enseignants grévistes ont demandé à la médiation 72 h de réflexion pour s’accorder sur les modalités de cette nouvelle trêve. « Si la trêve est acceptée, expliquera-t-il, cela permettra aux deux parties de travailler en toute quiétude pour sauver l’école ». En tout état de cause, a-t-il ajouté, une prochaine rencontre est prévue entre les deux parties pour en fixer les contours.

Le représentant de l’AEEM est lui aussi favorable à la détente entre les différents acteurs pour une école plus apaisée. Tout en saluant la démarche de dialogue initiée pour décrisper la crise scolaire, il a assuré le ministre de « la collaboration franche de l’AEEM » pour apaiser la tension.

De son côté, le ministre TEME, qui a fait un aperçu général sur les dix points de revendication des syndicats d’enseignants, tout en ressortissant les acquis et les points de désaccord, s’est réjoui de cette initiative de bons offices tous azimuts AMSUNEEM-AEEM qui vise à pacifier l’espace scolaire.

Abordant le caractère sensible de certaines revendications, compte tenu de l’incidence financière qui s’y attache, en rapport avec l’état actuel du pays (un pays en guerre), le ministre TEME a déclaré qu’il trouve que le mot d’ordre de grève peut être levé (syndicalement s’entend), pour donner toute la chance au dialogue social de se perpétuer, pour le confort de l’école, dès lors que les syndicats ont obtenu six points d’acquis et un point d’accord partiel sur les dix.

La vérité en tout lieu et dans toutes les circonstances

Réitérant sa volonté d’écoute et de dialogue en direction des acteurs de l’école, y compris les syndicats d’enseignants, le ministre TEME a rassuré ses hôtes du jour que la trêve, dont il est question, est bien nécessaire pour donner des réponses concrètes et pérennes à certaines doléances, dont l’adoption requiert du temps.

S’agissant du caractère sacré de l’école, une affaire à tous, et où se joue l’avenir des enfants du pays, le ministre TEME a expliqué et obtenu de ses interlocuteurs que le principe cardinal qui fonde toutes les actions, individuelles et collectives, sur l’école, soit bâti sur la vérité, rien que la vérité, et toute la vérité. En ce sens que l’école, le lieu par excellence de l’apprentissage du savoir, ne doit s’accommoder que du langage de la vérité entre partenaires.

Ce fut un message partagé par tout le monde autour de la table du dialogue. Une disposition d’esprit qui a été exprimé par le Secrétaire Général de l’AMSUNEEM en des termes très clairs et précis : « Nous sommes pour le Mali, et pour cela, il faut respecter la loi ».

 

DTK et CCOM/MEN    

 

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