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Gouvernement du Mali : Le sacre des femmes

Alors que peu de Maliens osaient encore y croire, voilà que le fameux quota dans les postes de nomination en faveur des Femmes vient, enfin, d’être observé au plus haut sommet de l’État. On ne comprenait pas que le Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, durant ses cinq ans de présidence, n’ait pas, une seule fois, daigné honorer son engagement envers les femmes en leur ouvrant les portes du Gouvernement à hauteur de souhait. Il aura fallu attendre le début de son second mandat pour voir le quota de 33% dédié aux femmes se concrétiser. Last but not least, disent les Anglais. Il faut espérer que c’est un début qui aura des suites durant tout le prochain quinquennat.

Kamissa Camara, ministres des affaires étrangères

34,37% de femmes dans le nouveau Gouvernement de Soumeylou Boubèye Maïga, soit exactement 11 ministres sur 32. C’est plus que les 33% inscrits dans la loi. Depuis cinq ans, tous ceux qui se battent au quotidien pour que les 52% de la population du Mali que sont les Femmes soient dignement représentés dans les postes de nomination, désespéraient de voir IBK honorer son engagement. C’est chose faite depuis ce dimanche soir, 09 septembre 2018, avec la publication de la liste des ministres du premier Gouvernement du second quinquennat d’IBK. En effet, la nomination de 11 femmes ministres est un tournant dans la Gouvernance car jamais dans l’Histoire de la République du Mali, il n’y eut autant de femmes dans un Gouvernement.
La loi instituant le quota de 33% de femmes dans les postes électifs et de nomination n’a jamais été respectée au Mali. Pire, les instituions de la République qui auraient dû donner l’exemple sont les moins nanties en Femmes. Par exemple, les Femmes sont au nombre de 14 à l’Assemblée nationale du Mali qui compte 147 Députés soit 09,52%. Le

Rokia Kané Maguiraga, ministre de l’élevage et de la pêche

Gouvernement du Mali, qui aurait dû insuffler la dynamique du changement dans le domaine de la représentativité des Femmes, ne parvenait pas à se défaire des vieux réflexes toujours fébriles quand il s’agit de confier des responsabilités gouvernementales aux Femmes.
Non seulement cette fébrilité disparaît à l’occasion de cet énième Gouvernement mais pour la deuxième fois au Mali, c’est une jeune dame dénommée Kamissa Camara qui prend les rênes de la Diplomatie malienne et se classe du coup 6ème par ordre de préséance dans le Gouvernement. En effet, seule Mme Sy Kadiatou Sow avait, avant elle, été ministre des Affaires étrangères du Mali de février à octobre 1994, et c’était déjà une révolution en soi même si l’expérience n’a pas duré longtemps.
La nomination de 11 ministres femmes constitue une décision que saluent sans nul doute toutes celles et tous ceux qui militent pour la reconnaissance du mérite des Femmes maliennes. On se rappelle cette boutade de l’écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé qui a écrit : « S’il n’y avait pas de femmes, il n’y aurait pas de Mali » car, ajoute-t-elle, ce sont les femmes maliennes qui prennent à bout de bras ce pays pauvre du Sahel. Mais autant que pour les hommes, une chose est d’être nommée au Gouvernement, une autre est de le mériter.
Les 11 amazones ministres à qui l’on vient de faire confiance doivent faire taire les mauvaises langues, celles des sceptiques et de tous les ennemis des Femmes qui sont bourrés de préjugés sociaux et religieux et ignorent sans doute le rôle que les Femmes ont joué dans la construction du Mali de Ouagadou au Mandé. Leurs ennemies sont aussi, et malheureusement, des femmes comme celles qui ont battu le pavé pour dire non au Code de la Famille pourtant très progressiste dans la libération des Maliennes et la reconnaissance de leurs droits surtout en matière de succession et d’héritage. La bataille ne fait que commencer ; le chemin est long et sera parsemé d’embûches et de trappes toutes choses que les nouvelles ministres sauront, à n’en pas douter, déjouer pour honorer les 12 millions de femmes maliennes qui se battent au quotidien contre les obscurantistes et autres phallocrates ennemis juré des Femmes.
Musolu an nyéwa !
Diala Thiény Konaté

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