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Décrispation politique au Mali : Soumaïla Cissé est-il tombé dans le piège du RPM ?

Si des velléités de virer à 180° du côté où il y a à boire et à manger étaient déjà perceptibles chez le candidat de l’URD, candidat malheureux de la présidentielle de 2018, en l’occurrence Soumaïla Cissé, l’homme a surpris plus d’un en recevant, le 17 janvier dernier, une délégation du Bureau Politique National du Rassemblement Pour le Mali (RPM), le parti au pouvoir, conduite par Dr Bocari Tréta, au siège de son parti, sis à Badalabougou ! L’objectif de cette rencontre, comme cela a été dit dans les coulisses, était de trouver un début de sortie de crise au Mali, mais vu que tout s’est finalement déroulé à huis clos, il y avait certainement des choses à cacher aux gens.

A l’issue de la rencontre qui aura duré plus de 3 heures, les deux têtes de proue, à savoir Bocari Tréta et Soumaïla Cissé, se sont livrés en spectacle, genre de ce que seuls savent faire les hommes politiques, histoire d’endormir tout le monde, et certainement pour se donner bonne conscience ! « Des discussions très importantes nous ont permis de nous mettre d’accord qu’à partir de ce moment, nous cherchons à regarder dans la même direction, de travailler à conjuguer nos efforts pour œuvrer pour la décrispation de la situation politico-sociale de notre  pays, à prendre l’initiative par des actions tous azimuts pour ouvrir le dialogue politique entre toutes les composantes de la nation malienne, en vue de créer les meilleures conditions de réalisation de nos ambitions pour le Mali. Nous avons décidé de mettre en place une commission paritaire qui va rapidement nous faire une proposition de cadre de travail, qui va travailler à identifier les principaux défis, qu’ensemble, direction Urd, direction Rpm, nous allons travailler en rapport avec toutes les forces politiques et sociales qui puissent être concernées par cette démarche », avait soutenu Bocari Tréta.

« La situation de notre pays est difficile, nous l’avons partagé. Nous avons passé en revue les différentes crises qui assaillent notre pays : sécuritaire, sociale, crise économique et financière et même la crise politique. Nous sommes convenus qu’il y a une crise au Mali. L’URD et le RPM ont des responsabilités. Nous devons assumer nos responsabilités face aux difficultés actuelles. Nous restons convaincus qu’il faut des réformes institutionnelles qui passent forcément par un dialogue politique élargi. Il faut que le dialogue soit enclenché pour impliquer les partis politiques, la société civile pour que l’ensemble de notre peuple se sente concerné par ce qui est en train de se passer. Ce dialogue politique devrait aboutir à un consensus d’accord politique. Cet accord politique va nous permettre de modifier nos textes, que ça soit la constitution, que ça soit la loi électorale, tout ce qui peut contribuer à renforcer notre démocratie, à donner encore un  caractère Républicain à notre pays. Nous allons continuer ce débat qui va au-delà du RPM et de l’URD, qui concerne l’ensemble de la classe politique, la société civile. Nous sommes tous concernés…

…Nous sommes disponibles pour le dialogue qui doit de se faire d’un engagement commun des deux côtés, qui doit se faire avec la vérité, que nous nous mettions tous autour de la table, je pense que nos amis du RPM et nous sommes pour la vérité, que des vraies solutions puissent être trouvées à notre pays. Nous allons mettre des équipes en place, nous allons encore avoir l’occasion de nous rencontrer. Je pense que cette rencontre doit être une rencontre de date, ça doit être le début de quelque chose, un début de dialogue entre les Maliens, un début pour que nous essayons de sortir de cette crise par le haut… Le RPM m’a tendu la main, j’ai pris la main du RPM. Le Président n’est pas le RPM…Nous sommes dans une crise, nous essayons de sortir de la crise. La nécessité d’un dialogue politique est d’un extrême d’urgence pour que ce pays s’en sorte. Nous devons nous battre pour que le pays avance. Le dialogue se fait à deux et nous ne sommes qu’une partie », avait pour sa part déclaré Soumaïla Cissé.

Faut-il vraiment prendre ces deux-là au sérieux ? La question, on ne peut ne pas la poser, car s’il faut des mois pour que des gens qui se disent responsables et préoccupés par le sort du Mali et des Maliens, qui prétendent œuvrer pour le bonheur et le mieux-être des Maliens, qui ont passé tout ce temps à se regarder comme chiens et chats, à s’insulter, et même des fois à insulter les Maliens… comprennent qu’il y a nécessité d’accorder leurs violons pour sauver leur patrie, qu’on consente à ce que nous en doutions fort !

Toujours est-il que depuis cette rencontre qui a vu Soumaïla prétendre prendre la main tendue du RPM qui n’aurait rien à voir avec la main d’IBK (un leurre vous dites ?), on ne voit rien de concret se profiler à l’horizon. Une situation qui donne lieu aujourd’hui à toutes sortes de spéculations. D’aucuns vont même jusqu’à dire que le RPM a appâté Soumaïla Cissé avec des promesses de postes ministériels. Ils en veulent pour preuve des confidences de certains proches du chef de file de l’opposition, mécontents du fait qu’il se soit ridiculisé de la sorte devant les Maliens, au point de renier ses engagements vis-à-vis de ses militants et sympathisants, vis-à-vis de ses alliés qui ont fait pied et main derrière lui, puisque convaincus qu’il se battait pour un idéal, pour une cause juste…  « à cause de trois postes ministériels » ! Des sources qui ont même dressé les portraits robots de ceux qui seraient pressentis pour occuper ces postes (Me Demba Traoré et Abdrahamane Diarra seraient en effet sur le starting-block)… Et Soumaïla lui-même serait en train de négocier un poste à l’international !

Si cela s’avérait, il y a lieu de poser des questions : Comment Soumaïla Cissé, dans ce cas-là, va-t-il faire pour regarder en face ses alliés comme Tiébilé Dramé, Me Mountaga Tall, Choguel Maiga, Mohamed Ali Bathily, le chérif M’Bouillé Haidara… somme toute des gens qui se sont pleinement investis auprès de lui dans sa lutte pour ce qui semblait être pour un idéal de justice et d’équité ? Par ailleurs, Soumaïla, qui prétendait jusqu’ici être « le président élu du Mali à l’issue de l’élection présidentielle de juillet-août », serait-il en train de dire aux Maliens qu’il était dans du bluff ?

Et comment ne pas créditer ces rumeurs qui ont cours, dans la mesure où des velléités de trahison ont déjà été senties chez le chef de l’opposition, lorsque, entre les deux tours de la présidentielle, quand les autres étaient dans une logique de boycott du second tour du scrutin, il bifurqua du côté de Nioro du Sahel, pour ensuite annoncer sa participation à ce scrutin ?

Seydou DIALLO     

 

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