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Ahmed Mohamed Ag Hamani, ancien Premier ministre, sur l’Accord de paix au Mali : « Certes l’Accord connait des insuffisances et des lacunes, mais il est potentiellement solide pour atteindre ses buts »

L’ancien Premier ministre et président de la Coalition Citoyenne de la Société Civile pour la Paix, l’Unité et la Réconciliation Nationale (CCSC-PURN), Ahmed Mohamed Ag Hamani est formel concernant l’Accord pour la paix et la réconciliation.

Pour la paix et la réconciliation dans notre pays, conformément à l’accord d’Alger, la Coalition que dirige Ahmed Mohamed Ag Hamani a entamé une série de tournées dans toutes les régions. Après Sikasso, Kayes, Ségou et Mopti, cette Coalition s’apprête à entamer l’étape de Tombouctou, Gao, Kidal, Taoudéni et Ménaka.

Selon Ahmed Mohamed Ag Hamani, ces tournées  de la Coalition Citoyenne de la Société Civile pour la Paix, l’Unité et la Réconciliation Nationale, en partenariat avec le Bureau du Haut Représentant du Président de la République pour la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger et la MINUSMA consistent à: renforcer les capacités des organisations de la société civile en particulier les femmes et les jeunes, les acteurs politiques, les autorités traditionnelles, coutumières et religieuses en vue d’une meilleure appropriation de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, ses enjeux, ses défis et sa mise en œuvre ; informer sur les orientations et principes directeurs de la Coalition Citoyenne de la Société Civile pour la Paix, l’Unité et la Réconciliation Nationale (CCSC-PURN) ; mettre en place les Observatoires et les démembrements de la CCSC-PURN.

Il note que s’agissant du renforcement des capacités en vue de l’appropriation de l’Accord pour la Paix, il est indispensable d’expliquer son contenu et de faire comprendre l’urgence de sa mise en œuvre, au regard notamment de la dégradation avancée des relations entre les communautés et de l’insécurité grandissante au nord et au centre du pays.  A ses dires, certes l’Accord connait des insuffisances et des lacunes, mais il est potentiellement solide pour atteindre ses buts. A peine signé, l’Accord a connu d’importantes résistances tant au niveau de la classe politique que de la société civile. Ces résistances continuent encore du fait de la méconnaissance dudit Accord et/ou du rejet systématique de son contenu. La contrariété de l’accord sur certains points avec la loi fondamentale de notre pays fait partie également des difficultés de sa mise en œuvre. La correction de ces contrariétés est bien au fondement des réformes constitutionnelles envisagées présentement par le Gouvernement. Le déficit aussi de l’appropriation de l’Accord par les citoyens et la méconnaissance de ses enjeux, les impacts de sa mise en œuvre sur l’Etat dans sa forme et dans son fonctionnement constituent une autre branche des difficultés.

Pour le président de la CCSC-PURN, le manque de confiance, souvent constaté entre les parties signataires et la faiblesse de la communication relative à l’Accord, renforcent les obstacles à sa mise en œuvre et ce dans un climat politique, sécuritaire et social délétère. Or l’appropriation de l’Accord par les citoyens et le peuple est une dynamique fiable qui favorise sa mise en œuvre : condition sine qua non de son effectivité.

Il estime que malgré toutes les faiblesses à l’encontre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, force est de lui reconnaitre des qualités de nature consolidante : c’est l’Accord qui a consacré le cessez-le-feu avec les groupes armés indépendantistes ; dans son préambule, il reconnait et  réaffirme l’unité nationale, l’intégrité territoriale, la souveraineté de l’Etat ainsi que de sa forme républicaine et son caractère laïc ; l’Accord garantit le caractère indivisible et la bonne gouvernance ; il garantit également l’accompagnement de la communauté internationale pour la stabilisation et le développement du Mali ; la combinaison de l’esprit et de la lettre de l’Accord dans le cadre d’un dialogue franc et direct peut bien conduire le Mali à sortir grandi, uni et fort de cette crise qui a failli l’emporter dans son intégrité.

Selon l’ancien Premier ministre, du moment où un accord pour la paix et la réconciliation a été trouvé, ce qui parait primordial et essentiel c’est sa mise en œuvre intelligente et pragmatique qui importe désormais.

Abdoulaye TRAORE

 

 

 

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