L'actualités de chez nous

Abdoullah Coulibaly, président du Forum de Bamako : « L’Afrique est la profondeur de l’Europe, nos destins sont liés… »

C’est parti pour la 19ème  édition du Forum de Bamako. Les travaux de cette grande rencontre internationale ont été lancés ce jeudi, 21 février 2019, au Centre International de Conférence de Bamako (CICB) par le Premier ministre, chef du gouvernement, M. Soumeylou Boubèye Maïga.

Le chef du gouvernement était accompagné par le président du forum, M. Abdoullah Coulibaly, l’Ambassadeur de la France au Mali, M. Joël Meyer, le Représentant Spécial du Secrétaire Général de l’ONU et Chef de la MINUSMA, M. Annadif Mahamat Saleh, entre autres.

Ce forum de trois jours a pour thème principal : « Immigration : quelle dynamique entre l’Europe et l’Afrique ? Opportunité ou Menace pour les pays d’accueil ? Nationalisme ou Métissage ? Construire des ponts ou construire des murs ? Que faire ensemble ? ».

Le président Abdoullah Coulibaly donne des explications

Selon M. Coulibaly, à cause de la montée en puissance du populisme et du repli identitaire auxquels on assiste désormais dans les pays du nord, les migrants se heurtent de plus en plus à des forteresses infranchissables. Des partis politiques occidentaux font de la migration un fonds de commerce qui prospère de plus en plus. L’obtention des documents administratifs de ces pays pour voyager est devenue un redoutable parcours du combattant. « Malgré toutes les difficultés, toutes les souffrances qui constituent souvent un véritable déni des valeurs humanitaires essentielles, l’appel du large ne faiblit point. Le mythe de la réalisation de soi par la migration est infiniment plus fort que les risques périlleux qui se dressent sur le chemin des rêves pour les paradis européens des damnés des pays pauvres », a ajouté le président du forum. Il ressort de ses explications que désespérés par le déficit chronique de la gouvernance, par l’injustice, par les conséquences du changement climatique et des conflits intercommunautaires, beaucoup de jeunes sont persuadés que le salut réside dans l’affrontement des dangers de toutes sortes qui font que le taux de ceux qui parviennent à franchir le parcours du combattant atteint à peine 2%. A ses dires, aux maux cités plus haut, s’ajoutent les injustices insupportables des échanges commerciaux internationaux qu’un seul vocable suffit à qualifier : pillage systématique des  cerveaux et des richesses des pays pauvres dont le cours des matières premières, indispensables au développement des pays riches, est unilatéralement fixé dans les grandes capitales occidentales. « Durant trois jours, chers participants, vous aurez à revenir certainement plus en profondeur sur tous ces aspects que je ne fais que survoler ici. Les questions, lancinantes, qui vous turlupinent, qui nous taraudent l’esprit se bousculent dans les têtes : ce statu quo doit-il continuer ? Peut-il perdurer ? Et jusqu’à quand ? De quoi demain sera-t-il fait ? », a-t-il questionné.

Selon Abdoullah Coulibaly, le repli sur soi prôné par certains responsables de pays occidentaux ne saurait décourager la pugnacité des candidats au départ, ce départ dût-il être suicidaire. Il ne saurait davantage constituer la solution miracle à terme pour les pays riches non plus. Pour M. Coulibaly, les préjugés qui tentent de faire croire que les migrants sont à l’origine de l’élévation du taux de chômage ou de la recrudescence de la criminalité sont amplement démentis par les réalités sociales des pays riches. « Je conclus mes propos en répétant une conviction personnelle : l’Afrique est la profondeur de l’Europe, nos destins sont liés, construisons des ponts entre nos deux continents pour faciliter la mobilité et fluidifier les échanges économiques dans une dynamique gagnant-gagnant », a-t-il précisé.

Abdoulaye Traoré

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.